27 février 2021
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Lancée il y a deux ans à Saint-Nazaire sur le marché de l’impression 3D, Third affiche des perspectives de croissance affolantes. Finalisant actuellement les comptes d’un exercice 2020 qui devrait se solder par 400 à 600 k€ de chiffre d’affaires, l’entreprise ambitionne déjà atteindre entre 15 et 16 M€ de revenus annuels à court terme. « Nous étions 4 il y a un an, déjà 17 aujourd’hui, et nous devrions atteindre un effectif de 48 personnes en 2021 », poursuit Maxime Mahé, le président de l’entreprise, qu’il a fondé avec 3 associés.

PRODUCTEUR EXCLUSIF DE LA COQUE DE SKOP

Cette explosion, Third la doit au rôle pivot que la jeune pousse va jouer dans la mise sur le marché imminente de Skop, un stéthoscope connecté qui pourrait bien profiter du boom de la télé médecine. Via l'impression additive, Third assurera la production exclusive pour l’Europe de la coque de ce dispositif imaginé par la startup normande Wemed. Il permet à tout à chacun de réaliser chez lui une auscultation cardiaque et pulmonaire, écoutable et analysable en direct par un praticien grâce à des solutions de communication standard comme Skype ou Whatsapp. Avec une ambition : devenir aussi banal dans les foyers qu’un dispositif comme le thermomètre. Les premiers exemplaires seront normalement écoulés en pharmacies, à un prix unitaire d'environ 50 €, avant la fin du premier semestre.

60 000 PIÈCES PAR MOIS

« Le projet est né lors de la première vague du Covid et du confinement, avec des patients atteints de pathologies cardiaques n’osant plus aller consulter régulièrement par peur d’attraper le virus, et qui se retrouvaient alors parfois dans des états critiques. Third est notre sous-traitant de production, mais est intervenu très en amont du projet, en se penchant sur ses enjeux d’industrialisation », explique Cyrille Lecroq, le fondateur de Wemed. Impliquant également Asica, une entreprise de Saint-Malo qui prend en charge l’électronique du dispositif, Skop semble promis à un fort démarrage. « Nous avons déjà des distributeurs potentiels qui expriment des demandes de 500 000 pièces à l’année. Nous allons démarrer la production sur la base de 60 000 pièces par mois pour couvrir l’Europe, mais ce n’est qu’un début », poursuit Cyrille Lecroq, en attente d'une certification EU, mais également de celles de Santé Canada et de la FDA américaine. Pour accélérer sa mise sur le marché, Wemed, qui rassemble aujourd'hui une douzaine de salariés, cherche actuellement à boucler en pré-amorçage une levée de fonds de 500 k€.

QUADRUPLER LE PARC MACHINES

Pour absorber la croissance liée à ce partenariat, Third lance une campagne de financement participatif de 500 k€. Un montant qui permettra à la fois de se renforcer en compétences, mais également d’absorber le risque lié au poids de Skop afin de chercher de nouveaux clients. En la matière, la startup nazairienne travaille déjà avec Total, Airbus ou l’Oréal. Cet apport ne viendra pas financer la montée en charge du parc machines, qui sera multiplié par 4 cette année sur fonds propres pour attendre 80 unités. « On peut imaginer monter à 150 machines dès l’année prochaine. Notre objectif est de devenir l’une des plus grosses fermes d’impression 3D d’Europe », conclut Maxime Mahé.

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