01 juin 2021
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PMEx lance une solution de bourse individuelle en mode SaaS

Incubée au sein du Poool, PMEx (Private Market Exchange) a développé une plateforme qui permet de faciliter la liquidité des titres des sociétés non cotées. « Nous sommes partis du constat qu’il était difficile pour les actionnaires de sociétés non cotées, fondateurs, actionnaires familiaux, minoritaires, salariés, de vendre leurs parts car ils ont souvent du mal à trouver en face des personnes prêtes à les racheter. Les sociétés n’ont donc souvent pas d’autre solution que de faire appel à des fonds de private equity, ce que les dirigeants ne souhaitent pas forcément privilégier pour des questions de gouvernance », explique Frédéric Huignard, président de PMEx, qui porte ce projet depuis 3 ans aux côtés de deux actionnaires, Isabelle Aprile et Johann Barbier. L’idée a donc germé de proposer une solution de bourse individuelle pour les sociétés non cotées avec des sessions d’échange ponctuelles permettant cette liquidité.

SOUTIEN DU PROGRAMME EUROPÉEN EIT DIGITAL

Pour ce projet, PMEx a bénéficié du soutien du programme européen EIT Digital à hauteur de 755 k€. « Le financement a été versé à un consortium qui comprenait deux ESN, une française et une italienne, et associait l’université de Rennes. Ce groupement a développé la plateforme dont la commercialisation va être assurée par PMEx, que nous venons de créer », explique Frédéric Huignard. A ce stade, la plateforme n’est accessible qu’aux sociétés non cotées et pour des échanges entre actionnaires déjà présents au capital, le temps que la jeune pousse rennaise obtienne l’agrément prestataire de service d’investissement de l’AMF, espéré pour 2022. « Je pense aux sociétés qui voudraient mettre en place de l’actionnariat salarié sans passer par un FCPE. ». PMEx élargira ensuite sa cible.

UNE RÉPONSE À UN MARCHÉ COLOSSAL

Pour Frédéric Huinard, le potentiel est colossal. « Il existe 150 000 PME ou ETI en France, 1, 6 million en Europe, mais seulement 1% d’entre elles est coté en bourse. Et il y a en face beaucoup d’épargne et des investisseurs qui se disent prêts à allouer une part de leur portefeuille à des investissements de proximité. » PMEx a bâti son modèle économique sur un abonnement. « Le chef d’entreprise paiera d’abord un forfait pour accéder à la plateforme après une valorisation de son entreprise par des experts indépendants. Ensuite, il s’acquittera d’un abonnement mensuel », détaille le dirigeant. PMEx compte ainsi tirer 72 % de ses revenus de l’abonnement, les 28 % restants provenant du forfait d’entrée et des commissions sur levées de fonds.

UN OBJECTIF DE 500 SOCIÉTÉS UTILISATRICES EN 2025

La plateforme est actuellement en phase de test. PMEx s’est fixé un objectif de 500 sociétés utilisatrices à horizon 2025 en France et à l’international, qu’elle devrait attaquer en 2023. Et pour accompagner la commercialisation, PMEx espère boucler une première levée de fonds de 250 k€ en amorçage d’ici à l’été. « Nous avons déjà sécurisé 140 k€. On ira ensuite chercher des financements supplémentaires auprès de Bpifrance et en dette bancaire, avant une levée de fonds en série A de 2,5 M€ en 2022. »

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